Nueva cocina 1

Vue générale de la nouvelle cuisine

Nous sommes d’inauguration à la maternelle. La cuisine, où Léonie, Odile et Mariette préparent chaque jour le repas pour les 300 enfants de la maternelle, les 25 filles du projet de formation de filles non scolarisées, les 15 enfants de la rue qui passent leur première année de formation à la FAR et les plus de 20 personnes du personnel qui mangent ici, fut initialement construite en 2008 pour s’occuper de 120 enfants et restait petite.

Les travaux ont été menés à bout par Albert Faus, l’architecte de l’Association Laafi qui habite à Koudougou et qui beaucoup d’entre vous connaissez puisqu’il est l’auteur des travaux du CIEPYD, du Moulin, du Cyber et de la rénovation de la maternelle grâce auxquels nous sommes passés en 2011 de 240 à 300 enfants.

Nueva cocina 2

Les fourneaux avec la cour de fond

Nous avons transformé l’ancienne classe des enfants de la rue, zone qui était restée sans usage, en cuisine plus spacieuse, de meilleure ventilation et moins de chaleur, et possibilité de cuisiner à l’extérieur, dans une jolie cour.

L’espace de l’ancienne cuisine resté libre s’est utilisé pour agrandir la zone d’administration, aménageant un nouveau bureau qui, bien qu’étant intégré dans la zone commune, est à la fois indépendante.

Jusqu’à maintenant mon bureau consistait en une table et une chaise, à côté de Cristina, Sylvie et Colette. Depuis là j’ai pu apprécier les visites continues d’un grand nombre de femmes, qui viennent avec leurs enfants rembourser certain microcrédit avec Sylvie, apporter les notes des enfants des bourses scolaires avec Colette ou demander l’inscription à la liste d’attente des bicyclettes avec Cristina.

Vista desde nuevo despacho

Mon nouveau bureau

Il est rare de les voir seules, la plupart du temps elles viennent avec un ou deux enfants. Elles jettent un coup d’oeil et demandent la permission pour entrer avec deux tapes de main, à la fois qu’elles disent “cococo” (qui en revient à notre “toc-toc-toc”). Elles nous saluent et nous souhaitent bonjour, bon après-midi ou bonsoir (“ne yibeogo”, “ne winiga” o “ne zaabre”). “Laafi” (qui en revient à “avec santé”) répondent les présentes. Elles s’asseyent, sortent leur sein et donnent à téter ou l’utilisent de sucette. Les voir, les écouter, même sans les comprendre car très peu d’entre elles parlent français, me remplissent d’énergie chaque jour!

J’adore cette proximité, et depuis mon bureau elles vont me manquer, mais il y a des réunions qui ont besoin d’un espace où pouvoir parler à part. Et des affaires qui ont besoin de “silence” pour pouvoir penser et de réflexion pour être gérées. Ce doit être le fait que je vieillis ou la complexité que la FAR acquiert jour après jour, mais j’avais du mal à continuer avec ma table et ma chaise entre des “ne yibeogos”, des “ne winigas” y des “laafis”.