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Le Burkina ressucite ! Post spécial de JCVD
Après deux années de vraie angoisse, dans le voyage du 5 au 11 décembre, il m’a semblé découvrir un Burkina Fasso plein d’incertitudes comme toujours mais plus calme, joyeux et dynamique.
Le 5 nous sommes allés là-bas Merce, Eva, Koke et moi, pour une semaine intense de travail incessant. Le climat devrait être “tranquille” (de 20 ° à 35 °), déjà sans pluies et très sec. Seule la menace de le harmattan (“un vent du nord-est, très chaud le jour, plus froid la nuit, très sec et le plus souvent chargé de poussière, soufflant vers le sud-ouest en provenance du Sahara”), qui en réalité ne fut dur de deux jours. Le reste, agréable, très supportable, la période de l’année pour aller au Sahel.
Avec les deux Marías (la Gérante que vous tous connaissez et une “Bacardit” deTerrassa qui nous a rejoint dans le projet) qui nous menaient de la main, un voyage plein de joie et de confiance dans l’avenir.
Le voyage
Après un super voyage Barcelone-Paris-Ouagadougou, Marie et Patrick son mari sont venus nous chercher à l’aéroport, nous avons mangé vite fait parce qu’il était tard et sommes partis dormir dans un hôtel simple mais “sûr”, où à côté d’une piscine, que nous n’utilisons jamais, nous avions plusieurs chiens qui faisaient le régal de certains d’entre nous… Je ne vais pas faire un récit détaillé de tout que ce qui a été fait. Je préfère mettre en évidence ce qui a le plus attiré mon attention à cette occasion, en particulier certains changements je ne sais pas si, dans le pays, mais si dans la capitale et les décisions les plus importantes que nous avons prises.
Le pais
Le Burkina Faso continue d’être un de ces cinq pays avec le plus mauvais Indice du Développement Humain… Et c’est que, même si il est passé de 17 à presque 20 millions d’habitants en seulement 8 ou 9 ans, les deux derniers (automne 2014 à automne2016), il a été soumis à un très dur processus de nettoyage et de reconstruction. Et il y est encore parce que les institutions fondamentales, y compris la Constitution, ont besoin d’un grand lavage, blanchiment et modernisation. Mais ils y sont en cours…
Dans la partie plus sombre de la scène un BokoHaram et un AQMI au guet, attaquent et génèrent sans arrêt assez d’inquiétude bien que se trouvant dans la périphérie de la frontière; certaines forces sociales s’initient en liberté et doivent la montrer par conviction et la faire visible, une population de peut-être 4,5 millions dans les trois ou quatre grandes villes et le reste… ; des situations climatiques extrêmes et s’endurcissant, au moins pour le moment.
La montée des minarets, d’où les muezzins font les cinq appels quotidiens à la prière, est très notable. Financés par qui nous savons tous, à la Maternelle il n’y a jamais eu tant de filles avec “tchador” (un voile qui recouvre la tête mais pas le visage) et je n’avais jamais vu autant de femmes couvertes de la tête aux pieds. Apparemment il commence à y avoir des frictions entre les deux communautés musulmanes, l’historique capable de coexister avec les chrétiens et toute autre religion et la nouvelle, radicale… Mauvaise chose pour un pays particulièrement pacifique comme le Président de Kaboré a dit au Pape Francisco il y a quelques semaines.
En tout cas, un climat social bienveillant et plus dynamique que jamais auparavant ; et une population un peu inquiète parce que, naïvement, ne perçoit pas encore que les réformes viennent dans l’année… ; une population qui veut que les procès des anciens criminels soient effectuées et être en paix, fatigué de tant de perturbation et de préoccupation. Aussi dans le passif… la corruption à corriger, le laisser-aller à corriger, le mépris absolu de la femme, figure clé dans une société humaine et plus encore dans celle-là, et la jalousie (comme ils disent eux-mêmes) “Vice national” … Compliqué.
Le nouveau gouvernement
Pour le moment le nouveau (depuis un an seulement…) Gouvernement a réussi à avoir une transition pacifique, avec des élections municipales également paisibles. Et vient d’obtenir à Paris un financement de rien de plus et rien de moins que 16000 millions de dollars, presque le GDP annuel, en 5 ans (c’est comme quand nous, les espagnols, somment entrés dans l’UE… et commencé à faire des autoroutes et autres grands travaux, bien que certains d’entre eux ont été d’authentiques fiascos…) Comptant qu’ils le gèrent et investissent, comme ils ont promis qu’ils feront, en infrastructures, santé et éducation, le pays devrait passer de 1700 US $ par personne et année à 2200 ou 2300 US $ en peu de temps. Entre 1700 et 2200 US $ de revenu il y a un véritable abîme…
Cependant, la “jeunesse politique » du nouveau gouvernement a mené à prendre des mesures comme doubler le salaire des juges afin de minimiser la corruption, avec la colère correspondante du reste des fonctionnaires… mis à part l’inefficacité prévisible de la mesure. Coups de baffes! Mais il n’y a aucun apprentissage sans péage…
Ouaga
Ouagadougou a beaucoup de grues (jamais vu par moi en 10 ans…), plus d’avenues goudronnées et peut-être aussi plus de voitures et motos que 15 mois auparavant ; Il y a de nouveaux magasins ; On apprécie du mouvement, sensation de vie. Elle va à avoir un aéroport international à 25 kilomètres dans deux ou trois ans et la population est passée de 1,1 à 2 millions pendant ce temps. Le trafic tout aussi chaotique, mais on voit quelques casques sur la tête de certains motards. Peu, mais quelques-uns. Il commence à y avoir des panneaux de signalisation… Encourageant.
Rimkieta y Zongo
Et Rimkieta, notre cher quartier, (environ 45 km2 avec 90000 habitants alors qu’il y a 10 ans on en estimait 70000…) continue à se remplir de ces maisons de là-bas, mais elles sont plus de d’adobe-ciment que d’adobe pure. Il se dit qu’il s’agit d’argent noir qui surgit des prête-noms et fiduciaires de l’ancien régime… dont certains se plaignent. À moi, il me semble que c’est beaucoup mieux de sortir de l’argent noir que donne de quoi manger à des travailleurs et se met en circulation, que de le cacher et le dépenser à Miami… Mais son quartier voisin, Zongo, plus ou moins de la même dimension et population…, est sur le point de commencer à se développer, conséquence d’une parcellisation en cours et le manque d’eau et l’électricité à venir, etc..
La Fondation
Et la FAR à ses labeurs qui sont les femmes et les enfants les plus pauvres de ces deux quartiers, en attention directe mesurable environ 1 300 ou 1 400 personnes et bénéficiaires indirects peut-être 15 000 ou plus… dans le but de soulager la pénurie d’eau, de nourriture, de médicaments…, de former des personnes, de faciliter le changement social de la femme et de modifier très petit à petit certaines pratiques sociales… de façon à ce que s’accomplisse le rêve de quelqu’un, qu’en 2087 une ancienne élève de la FAR devienne la Présidente de la nation… J
Améliorations et changements
Changements à la FAR ? Certains… Peut-être pas trop, parce qu’ils fonctionnent franchement bien. Mais si certains, comme mécaniser l’extraction de l’eau du puits du verger, parce que remonter 40 mètres environ 400 litres par jour chaque femme c’est vraiment pénible avec ces températures… ; introduire les jeux éducatifs comme méthode d’enseignement à la maternelle ; et aussi le ping-pong et le baby-foot comme appeau de week-end pour que les enfants des rues aillent à certaines activités de formation humaine ; mettre un soignant de nourrissons pendant les deux heures par semaine d’alphabétisation des mères afin de faciliter leur attention ; favoriser l’école de renforcement et chercher les meilleurs de la vingtaine d’écoles dans lesquelles nous avons 500 enfants avec bourse scolaire de façon à stimuler la concession de bourses universitaires, dans la deuxième année déjà ; essayer de reprendre l’octroi de microcrédit pour femmes, que l’Administration nous a forcé à suspendre il y a 4 ans, maintenant dans les mains d’une institution sérieuse qui a environ 2 millions d’euros d’actifs et a servi plus de 20000 femmes dans tout le pays ; replanter les plus de 2000 arbres des presque 8000 plantés qui sont morts par diverses raisons au long de ces 10 années; accélérer la formation de toute l’équipe du personnel tant en assistance sanitaire d’urgence qu’en apprentissage des nouveaux panneaux de signalisation que la plupart ignore complètement…
L´équipe humaine
Mais l’essentiel est la grande équipe de là-bas. Un personnel d’une cinquantaine de personnes et 30 autres personnes comme collaborateurs externes permettent tout le précédent dirigé par réalisé par “les deux María” avec les phénoménales Sylvie, Rihanata, Hema, Drissa, Jacques et Colette, qui commandent les équipes et mènent la gestion, l’administration, la comptabilité… tout ce qui concerne les projets avec cette équipe.
Persévérer…
Continuer dans la stratégie de focalisation centrée, dans l’austérité des dépenses administratives et à la rigueur, la légalité et la transparence dans tout ce qui se fait ; maintenant l’illusion de l’équipe de là-bas et d’ici et la force de dire « non » tant de fois nécessaire ; et d’assurer la continuité d’une équipe très unie et généreuse dans leurs heures. Et donc, en 2017 J le Burkina Faso aura une Présidente du pays qui se sentira fière de ses origines humbles et d’être ancienne élève de la FAR, une petite institution que commencèrent des espagnols, il y a plus de 80 ans alors et qui continuera encore à aider allez vous savoir dans quoi et où…
Après deux années de réelle inquiétude, acceptant que l’instabilité puisse retourner… Profitons d’un aujourd’hui plus calme et positif où l’effort de tous, les fondateurs, les patrons, les parrains, les employés et les collaborateurs pointent vers un avenir très prometteur.
Avec toute ma gratitude et affection à tous ceux qui faites possible ce rêve, JCVD.