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Épidémie mortelle de dengue au Burkina Faso

Le moustique tigre qui transmet la dengue. Bas Oméga photo
La rentrée scolaire, qui a lieu en octobre au Burkina Faso, s’accompagne toujours d’une augmentation des demandes desoins de santé pour les enfants de nos projets. Ces soins font partie de la prise en charge personnalisée et globale que la FAR offre à chacun de ses bénéficiaires. Mais cette année, une épidémie mortelle de dengue a compliqué la situation, déjà compliquée par le paludisme
La fin de la saison des pluies (mai-septembre) est marquée par une augmentation exponentielle des cas de paludisme. Le moustique Anopheles Stephensir, responsable de la transmission de la maladie, pond ses œufs partout où il y a de l’eau stagnante, Et il est à son aise dans les cours et les rues du Burkina, où il trouve de nombreux coins et recoins (plastiques, pneus, détritus à n’en plus finir) pour pondre ses œufs.

Paludisme Burkina Faso en 2021. Photo Target Malaria
Le paludisme est endémique au Burkina et toute la population est exposée au risque d’infection : près de 50% des consultations médicales, plus de 60% des hospitalisations et 30% des décès par an sont dus au paludisme (source Ministère de la Santé). En 2021, l’OMS estimait que le pays comptait 8,3 millions de cas de paludisme et plus de 18 900 décès imputables au paludisme.
Mais cette année, Ouagadougou, la capitale du Burkina, et Bobo Dioulasso, les deux principaux centres urbains du pays, ont enregistré ces dernières semaines plus de 50 500 cas suspects de dengue, une maladie virale, sans vaccin ni traitement, qui est mortelle dans sa phase sévère.
Sachant que le coût élevé du test de confirmation de la maladie (15 euros) est inaccessible à la grande majorité de la population, je crains que le nombre de cas suspects dépasse largement les 50 500.
Par ailleurs, aux plus de 200 décès dus à la dengue ces dernières semaines, qui continuent d’augmenter fortement chaque jour (dont plusieurs amis et connaissances), il convient d’ajouter les cas dont le diagnostic a été la « maladie de courte durée » récurrente, qui est celle mentionnée sur les certificats de décès lorsque la cause est inconnue, ce qui est assez fréquent.
Dans un tel contexte, le Ministère de la Santé vient de déclarer cette année la plus meurtrière jamais enregistrée au Burkina Faso pour une épidémie de cette maladie, qui a toujours coexisté avec le paludisme, tout en passant largement inaperçue. Le plus grand nombre de décès enregistrés a été de 18 en 2017, même s’il est vrai qu’aucune étude n’a jamais été réalisée, la dengue ne faisant pas partie des maladies soumises à notification par le système de santé burkinabé avant 2016.

Sensibilisation à la prévention et à la protection contre la dengue. Ministère de la Santé du Burkina Faso
Comme nous le faisons dans ces cas, nous avons sensibilisé l’équipe de la FAR et les mères des bénéficiaires à l’importance de la prévention passive des piqûres de moustiques (répulsif, dormir sous une moustiquaire, nettoyer les cours pour éliminer au maximum les eaux stagnantes, etc.), ainsi qu’à l’impérieuse nécessité d’éviter l’automédication, car la prise d’ibuprofène, de naproxène ou d’aspirine peut augmenter le risque d’hémorragie et compliquer fatalement la maladie. La clé du traitement de la dengue est l’hydratation constante (1 litre d’eau, 5 morceaux de sucre, 1 cuillère à café de sel et le jus d’un citron, la formule magique de notre chère délégation de médecins cubains), le repos et le paracétamol contre la douleur.
Cette épidémie est une nouvelle et énorme charge supplémentaire pour notre cher Burkina, dans un contexte de pauvreté et de ressources très limitées, dans un pays à forte instabilité politique, et totalement focalisé sur sa lutte contre le terrorisme. Malgré cela, le Ministère de la Santé a annoncé la fumigation des lieux publics pour lutter contre la propagation de la maladie et la gratuité du test de diagnostic de la dengue dans les centres de santé.
L’épidémie a à son tour un impact direct sur notre budget global d’assistance aux bénéficiaires des projets de la FAR, qui comprend l’accompagnement et l’aide financière en cas de maladie, et nous attendons avec impatience l’entrée en vigueur de la mesure de dépistage gratuit. En effet, l’année dernière, pour les seuls mois de septembre et octobre, le coût de cette assistance s’élevait à 407 euros. Cette année, à une semaine de la fin du mois d’octobre, nous avons déjà dépensé plus du double (901 €).

Annonce de l’ouverture de la liste d’attente pour la demande d’un vélo
Malgré cela, nous venons d’ouvrir la nouvelle année scolaire 2023-2024 pleine d’espoir et d’énergie pour les 450 enfants bénéficiaires de la maternelle, ainsi que les 160 enfants du projet de Formation et de Réinsertion des enfants de la rue et les 185 filles du projet de Formation des filles déscolarisées, qui suivent une formation à la FAR, ou vont à l’école ou reçoivent une formation professionnelle en atelier, en plus des 300 bourses scolaires et des 12 bourses universitaires. Un peu plus de 1 100 enfants et jeunes en formation.
Cette année encore, nous ouvrons la liste d’attente pour les demandes de vélos destinés à la livraison spéciale de Noël, qui permettra de soulager les besoins de transport de 500 familles supplémentaires.
Tout cela est possible grâce à votre aide, votre affection et votre soutien, sans lesquels rien ne serait possible ici à Rimkieta. Merci encore une fois, nous continuons !