Voilà mon récit du voyage récent qui mérite comme titre “Le Burkina se sauve!” parce que de toutes les bonnes choses que nous avons vues, il me semble que le plus important, à cette occasion est que le Burkina Faso peut servir d’exemple de comment un peuple opprimé, comme tant d’autres, est capable de se rebeller et résoudre la situation avec un minimum coût de vies et demeures.

La solution, le 11 Octobre prochain avec les élections générales prévues que les parties impliquées préparent avec diligence. Que la Vierge de la Paix les oriente et les protège !

 

Samedi, 28 février 

Début du récit du voyage à Rimkieta du 28 février au 5 mars 2015, avec la joie d’un groupe de six Amis intrépides, qui se sont inscrits pour cette occasion. Fernando, Patron et son quatrième voyage, maintenant avec Javier, un bon ami à lui; ils sortirent hier de Barcelone et, comme d’habitude, arrivèrent sans valises, qu’ils réclamèrent et apparurent le quatrième jour…Ouaga est un destin dangereux pour enregistrer quoi que ce soit…Et aujourd’hui nous volons depuis Barcelone Eva, Carme et moi; depuis Madrid Chus; et depuis la Suisse Valéry. Nous nous sommes retrouvés à Paris et avons suivi ensemble jusqu’au Burkina, où nous a reçu Patrick, mon beau-fils, dont l’aide à l’aéroport a été indescriptible : Il le rend tout plus facile, dans un endroit où l’agglomération (à 10 heures du soir à cause d’un vol plein pour le Festival Panafricain de Cinéma) le rend tout assez lourd… À l’hôtel, répartition des chambres et au lit car demain nous nous lèverons à l’aube pour assister à une messe massive à la Chapelle de Saint Paul, qu’a convoquée son Éminence le Cardinal Archevêque Philippe Ouedraogo à 8 heures du matin. Temps prévu, bon : entre 25 et 35 degrés, bien qu’avec du vent.

Le voyage, agréable ; nous avons parlé du programme de la semaine, en particulier du projet “Maternité”, en tant qu’objectif principal. La nouvelle Maternité prétend aider à améliorer les conditions déplorables dans lesquelles se trouvent les enfants qui viennent au monde à Rimkieta et le peu d’attention médicale reçue par les mères. Nous avons également parlé du revers que nous devons essayer que prenne le Cyber pour rationaliser son fonctionnement de façon soutenable. Dans le fond, un “cyber-office” n’est pas un service de première nécessité pour la grande majorité des habitants d’un quartier pauvre comme Rimkieta, bien qu’il facilite l’existence d’une centaine d’entre eux… Nous allons étudier à fond de la main de Chus qui est déjà sur ce thème et s’est offerte pour préparer un plan de viabilité. Un voyage de Jorge est également prévu, un autre grand collaborateur, “téléco” celui-ci. Jorge consacrera sa Semaine Sainte à notre Fondation afin de réviser tout ce qui concerne l’informatique et les communications, tant au niveau de la Maternelle, que du Cyber et de la connexion avec la maison de María dont l’accès au réseau est très déficient. Là-bas les choses fonctionnent comme ça : La maison de Cristina a accès au réseau mais pas la maison de Maria.

 

Dimanche, 1er Mai

Réveil à 6am, parce qu’à 8 heures était convoquée la Messe et, de l’hôtel à la “petite place” des CCB (Communautés Chrétiennes de Base), où se trouve la Chapelle de Saint Paul, il y a trois quarts d’heure de route.

La “petite place” est un terrain entouré d’un mur d’un demi-mètre de hauteur, qu’a construit la FAR il ya deux ans, ayant pour objectif proportionner à la population un espace où pouvoir se réunir pour bavarder, avec des bancs où s’asseoir et de l’ombre d’acacias et d’autres arbres, pour se protéger du soleil. Dans cette petite place se trouvent le Puit Luís, la Banque de céréales, le Moulin et le Cyber, quatre des projets en fonctionnement. Cette année, nous avons fait un bon enduit et peinture des murs de la chapelle de Saint Paul, qui étaient très détériorés.

Entre deux et trois milles personnes ont assisté à la messe, la célébrant son Éminence l’Évêque Auxiliaire de l’Archevêque Cardinal, Monsieur Leopoldo Ouedraogó, avec la participation de notre parroissien Monsieur Joseph et d’autres prêtres. (À la fin de ce récit il y a une prière pour le Burkina, qu’a écrite Monsieur Don Leopoldo en 2010 et qui, plastifiée, préside l’entrée de la Maternelle depuis près de deux ou trois ans). Des chants et encore des chants des deux chorales et de la population, ainsi qu’une longue homélie de Monsieur l’Évêque, pour terminer avec une heure de discours des différentes associations religieuses et civiles, à l’un desquels je fût invité à m’approcher à l’autel pour saluer et embrasser son Éminence et le prêtre sous l’appelatif vocable « le papa de María ». Chaleureux applaudissement à la Fondation, reconnaissance de son labeur pendant toutes ces années.

Long repas à l’hôtel, pour nous récupérer du petit déjeuner de ce matin auquel nous dûmes renoncer parce que le service commençait une demi-heure après l’heure annoncée. Ni les tables ni le buffet étaient préparés, ni le pain était arrivé. Nous prîmes quelque chose et sortîmes en mangeant pour ne pas arriver en retard à la Messe qui eut également du retard.

L’après-midi, nous avons assisté à la fête du XXV anniversaire du LarlèTigréNaaba qui comme d’habitude, nous a régalé avec des distinctions successives devant les milliers de personnes que le félicitaient. En tant que mécène de la culture et de l’art, en général, la Fête fut une bruillante manifestation de chants, danses, chevaux, avec des discours, principalement en moré, la langue de l’ethnie majoritaire au Burkina, les Moosi, du propre Naaba et des autorités représentatives de tous les secteurs sociaux et très spécialement du Grand MooroNaaba, leur chef. La figure du LarlèTigréNaaba fut très pondérée par sa dédicace à son peuple, sa dévotion pour les arts et sa grande capacité de travail et aussi comme entrepreneur qui a créé des dizaines de milliers de poste de travail. Comme lui-même le dit « je n’ai pas le droit de m’asseoir, parce que mon rôle est de soigneur et protecteur du peuple qui croit en moi ».

Pendant la soirée, notre avocat, Maître Fulgence, vint nous voir ; un grand professionnel, né au Ruanda, établi depuis plusieurs années à Ouaga. Fulgence est la personne de confiance de Maître Keré, une personne de référence au Burkina et en dehors du Burkina, qui fut doyen du Collège d’avocats, contrôleur dans le processus de négociation entre le précédent Président révoqué et les forces civiles. Actuellement il est chargé de la reconstruction du recensement national de votants pour les élections présidentielles prévues pour Octobre 2015. La générosité de ces deux personnes envers la FAR, depuis le début est, à mon avis, une preuve indubitable de qu’effectivement le nom élu pour son pays par Le Président assassinéSankarapara (Burkina Faso signifie en moré et en diula, «  la terre des hommes intègres ») ne pouvait être autrement… Dans tout peuple il y a de tout. Mais de la même façon que de certains on prêche ce trait ou cet autre trait, du peuple burkinabé on peut dire que c’est un peuple avec sens de la transcendence, généreux, de coexistence facile…

Fulgence s’empressa de noter les cinq questions sur lesquelles nous lui demandions critère, opinion ou gestion. Comme s’il s’agissait d’une consultation professionnelle quelconque, cette grande personne, avec grande indépendance et critère, nota ce sur quoi il pourrait nous faciliter certaine gestion. Spécialement, ce qui concerne la possibilité de commencer un projet de bourses pour universitaires, très nécessaire dans le pays et qui requiert d’une ample élaboration antérieure sur critères, conditions d’attribution, groupes de travail etc. Il resta dîner et nous offra sincèrement sa vision de ce qui peut arriver lors des prochaines présidentielles et s’en alla chez lui, avec tous nos remerciements.

Ensuite, les expéditionnaires, nous avons eu une conversation animée au sujet des points forts et des faiblesses de la FAR et sur les besoins pour assurer son futur et valider sa vocation de permanence.

Je suis monté à la chambre fatigué, mais avec le besoin d’écrire sur le champ tout le vécu de la journée.

 

Lundi 2 mars

Premier jour de travail sur le projet Maternité, que je résume : le quartier de Rimkieta, qui a une extension comparable à Barcelone, environ 40 km2, n’a presque pas de services de maternité ni pédiatriques. En fait, il ya deux installations à environ 10 km de la paroisse, une publique qui s’occupe en moyenne de 700 accouchements par an ; et une maternité avec très peu de moyens et un grand degré d’abandon dans ses installations. Son responsable, un sage-homme, nous manifesta découragé : « les femmes ne viennent plus parce que nous manquons de matériel pour nous en occuper ; les lits d’accouchement sont horizontaaux, ce qui est mauvais pour la mère et pour notre travail ». L’autre installation est un simple centre sanitaire sans accouchement, dans lequel ce qui se fait le plus est ce qu’on appelle la « planification familiale », dans les principes recommandés par les grands organismes internationaux.

Le Curé, le paroissien, qui est un grand homme du Ghana, profondément apostolique, à qui rien ne lui coupe le chemin, travaille énormément s’occupant des dizaines de paroisses et des CCBs dans lesquelles il organise du point de vue opératif l’Église. Il n’arrête pas… Depuis son arrivée, ce curé a l’espoir d’une Maternité différente, conformément aux critères défendus depuis toujours par l’Église Catholique Naturelle. La FAR, dont la mission est de dignifier les conditions de vie du quartier de Rimkieta et alentours, est une Fondation aconfessionnelle qui n’accueille toute personne pauvre, n’en manquant pas là bas. Mais les Patrons fondateurs nous sommes catholiques et nous aimons collaborer avec l’Église, parce que là-bas c’est une organisation très fiable.

C’est alors que, il y a un an, le curé nous exposa la nécessité d’une Maternité, nous nous sommes mis à chercher de l’argent pour sa construction et équipement. Environ 45.000€. Et nous avons accordé que les coûts opératifs mensuels, qui s’élèvent à 1.300€, les assumeraient la paroisse avec le compromis formel de l’archevêché quant à sa durabilité. Le moment était arrivé de s’asseoir pour concrétiser. Et nous avons employé trois réunions à cet effet, une avec le Curé, son promoteur, une autre avec Monsieur l’Archevêque en tant que “garant” de la subsistance de la Maternité et une autre avec le Conseil Parroissial, à laquelle assistèrent une douzaine de ses ¡ 22 membres !, l’économe inclus. La vérité est que le processus de concrétiser, en vue des paiments, un compromis de cette nature est compliqué. Il devrait aller sur le bon chemin. Mais notre niveau d’exigence en concrétion et sécurité, qui apporte tant de bénéfices à tous les impliqués et qui est essentiel pour les donants, est loin de la mentalité locale, ce qui rend laborieux arriver à des accords que l’on puisse défendre face aux autres. De toute façon, une fois l’investissement assumi, l’obligation de fonctionnement opératif et subsistance économique à sa charge fut une exigence depuis le premier jour, mais qui ne s’est toujours pas formalisée. Et bien que la Maternité serait théoriquement capable de s’occuper de 1.500 accouchements, 9.000 visites gynécologiques et jusqu’à 15.000 visites pédiatriques, qu’il ne fasse que la moitié de ce qui a été dit, d’ici deux ou trois ans, le service à la communauté serait de grande valeur. Mais tout reste encore à voir et les coûts mensuels que devra assumer la paroisse ou dans son cas l’archevêché sont élevés. Là-bas, 1.300€ par mois c’est une fortune. Comme le salaire base mensual d’une trentaine de personnes. Beaucoup d’argent.

Donc le lundi 2, le mardi 3 et le mercredi 4 nous avons employé une grande partie du temps sur ce nouveau projet, presqu’un an après que le curé nous ait fait savoir que l’OMS “exigeait” une Maternité pour ne pas fermer le Centre Sanitaire que nous avions pourvu à la paroisse sept ans avant. Surprenant que l’OMS puisse intervenir dans n’importe quel pays avec des actions de ce genre.

Nous avons employé le reste de la journée au Centre d’Intégration Scolaire, Professionnel et Sportif, (CIEPYD) comme nous l’appelons, projet logé dans un inmmeuble phénoménal de l’autre côté de la rue de la Maternelle que nous dessina et construisit l’architecte catalán Albert Faus, établi là-bas depuis des années. Dans le CIEPYD il y travaille Idrissa, qu’est le responsable du projet des « Enfants de la Rue » qui a déjà 53 enfants scolarisés. 26 enfants en formation professionelle en ateliers et 15 enfants en première année sans le centre, avec Jacques, Mady y Toe, quatre géants de l’éducation des enfants « difficiles » dû à leurs circonstances socio-familiales. Compliquée à décrire leur labeur : Convertir des enfantsindomptable, en citoyens civilisés et sociables dont le seul souci chaque jour, pendant des années, a été de manger peu important à quel prix… Et cette grande équipe arrive à ce que ces enfants se scolarisent ou que ceux sans capacités pour les études se forment dans les ateliers. Là-bas le développement intellectuel déficitaire est fréquent à cause de la dénutrition pendant les premières années d’existence : S’ils ne prennent pas de nutriments, le cerveau ne se développe pas. Et c‘est ce qu’il y a. Et si on y ajoute une famille déstructurée, quel en est le résultat ? Rien de bon malheureusement. Et bien, c’est justement ce que l’équipe du CIEPYD tache d’éviter. Quant au terme “sportif”, il s’agit d’une section pour enfants communs qui assistent au centre pour faire du sport comme moyens pour cultiver certaines valeurs. Mais nous sommes en pleine révision de cette activité, parce qu’au Burkina les parents veulent des « Etós » et pas autre chose, ce qui est facile à comprendre. Nous sommes donc en train de redéfinir le projet sur une ligne un peu comme “étoiles en valeurs”. Nous verrons ce qu’il en sera.

En fin de journée, nous avons vu notre très cher Frère Salvador Ajangüiz, de La Salle. Le Frère Salvador est au Burkina depuis un demi-siècle et il y continue. Avec deux écoles et près de 2.000 élèves, qu’il ne dirige plus mais il forme ceux qui se forment. Ça c’est de la persévérance… Et chaque fois que nous venons au Burkina nous le rencontrons, infiniment reconnaissants parce que sa connaissance du milieu fut essentielle à notre aterrissage : il ne nous disait pas ce que nous devions faire ; mais il nous indiquait ce que nous ne devions pas faire et il nous ouvra des portes d’une valeur extrordinaire pour la FAR. Nous avons parlé un peu de tout. Et il nous donna sa vision du scénario politique actuel soulignant quatre formations, formelles ou informelles, entre lesquelles se trouvent celle de l’ex-président expulsé Compaoré, celle appelée “extrême gauche submergée” à laquelle il atribue, en ce moment, un poids significatif, mais non définitif, dans les élections d‘octobre prochain. Il en est venu à nous dire que la révolution populaire a été un succès de civilisation. Mais que l’ancien parti de l’opposotion et le nouveau parti ascendent MPP ne doivent pas infravaloriser les deux autres opposants. Je ne sais pas si son âge le rend savant, mais monsieur Salvador sait beaucoup de choses. Tout pointe que de cette situation, Le Burkina se sauve!

 

Mardi 3 Mars

Après la reunión avec son Éminence Monsieur le Cardinal Archevêque, de laquelle j’ai parlé auparavant, nous avons visité le moulin de céréales, qui fait tant de bien évitant des milliers d’heures de mouture manuelle et de kilomètres par an à beaucoup de femmes chargées de céréales. Nous avons également visité, spécialement Chus et Fernando avec Xavi, le cyber, dont l’apport social comparé à son coût, comme je l’ai commenté, nous nous questionnons. Nous avons aussi vu la Banque de céréales avec Robert à la tête. Comme un sou neuf, de proproté et d’ordre, dont le service a été pendant un an sous minimum parce que l’“État” avait mis très près un poste de céréales à des prix de “campagne électorale” d’où que nos ventes passèrent d’une tonne et demie par semaine à deux cents ou trois cents kilos par semaine. Mais ce qui devait arriver arriva… La dictature s’acheva ainsi que l’argent et ils fermèrent le petit poste de vente démagogique, ce qui fait que depuis novembrre nous avons subventionné plus d’une tonne de maïs par semaine, ce qui en revient à un taux annuel d’environ 100.000 ration d’aliment par an pour les plus pauvres. Robert heureux. Nous aussi.

Nous avons eu deux reunions, une avec Sylvie et l’autre avec Colette. Sylvie est la mère de Flora, la fille que d’une certaine forme est à l’origine de la FAR et la responsable de la plupart des projets, comme les puits, le cyber, le moulin et d’autres. Elle est capable de fournir à la gérence tout type de support nécessaire. Sylvie est la personne la plus ancienne du personnel, un appui sain pour María et Cristina en cas de besoin. Solide, loyale, elle fait que sa vie personnelle et familiale et, son intense dédication a la FAR soient compatibles. Nous avons surtout parlé de sa formation. Elle doit continuer sa formation. Nous avons également parlé avec Colette, la comptable qui fait également des gestions de type bureaucratique, comme aller à la Banque, la Sécurité Sociale et autres gestions semblables. Cest une bonne femme, mère de trois enfants, très timide. Comme à Sylvie nous l’avons remerciée et l’avons encouragée, spécialement à augmenter sa formation. Colette désire continuer son baccalauréat, ce sur quoi elle comte avec tout notre appui et encouragement. Cette formation permanente, pour laquelle chacun des 50 employés de la Fondation a un plan, n’est pas très fréquente au Burkina.  

Ensuite, nous avons remis une dizaine de bicyclettes. Les bicyclettes sont un des projets de plus grand impact sur la qualité de vie de centaines de personnes à Rimkieta. Un vélo en occident est un bien avec une connotation ludico-sportive. Mais là-bas, à 40 degrés ou plus de température, une bicyclette est le seul moyen de transport pour les plus pauvres. Un vélo est une fortune parce qu’il les approche d’une option d’emploi, de leurs voisins…et aide à toute démarche. Une chose c’est de marcher à 3 km/heure à 40 degrés et une chose très différente se déplacer d’un endroit à un autre à la même température mais à 12 km/heure. L’une “empêche” d’aller et venir. L’autre encourage à y aller et en venir. Alors, remettre une bicyclette à une de ces femmes, avec leur expression joyeuse, est une expérience différente. Elles signent (avec leur empreinte digitale bien sûr…) les documents et paient un une année environ 30 €, la moitié de ce qu’elles coûtent, mais presqu’un mois de salaire base (actuellement d’environ 45€) et beaucoup d’entre elles ne touchent rien. Et nous avons déjà remis plus de 700 vélos, avec une liste d’attente de 500 autres.

Pendant l’après-midi nous sommes allés chez le LarléeNaabaque il voulait, comme toujours, nous offrir une entrevue privée. Pour le visitant, de l’eau d’abord. Ensuite, n’importe quelle boisson. Aprés presque trois heures de conversation dont il consacra la moitié à parler de la moringa, plante de grandes propriétés qu’il cultive dans une partie importante de ses 500 Ha, pour en extraire de l’huile et en faire d’autres produits, de beauté et de consommation humaine. Les propriétés de la moringa sont telles qu’on ne comprend pas sa faible popularité et consommation dans le monde. Intrigué, j’ai consulté ensuite sur internet et ai été efectivement impressionné. Donc quand il nous a proposé d’aller voir l’installation, le lendemain, à seulement 13 km (mais à une demie heure en voiture) de chez lui, j’acceptai. Nous avons visité les nouveaux travaux qu’il a fait au palais pour reconstruire les dégas d’un obus reçu, et qui miraculesement ne blessa personne, lors des journées de son oppsition à Compaoré. Nous avons vu ses jumeaux, d’un an et demi, qui naturellement commencèrent à pleurer de voir tant de “nasaara” (blanc) ensemble. Et nous avons dit au revoir jusqu’àu lendemain à 4pm.

Ensuite nous sommes rentrés à l’hôtel, car le protocole de sécurité en vigueur “recommande”, parmi d’autres mesures de prudence, d’être en lieu sûr à partir de la tombée du soleil. Commentaire de la journée en groupe et au lit. Bon moi à écrire, avec la grande nouvelle de l’arrivée des valises à Ouagaa, les valises que Fer et Javi avaient enregistrées à Barcelone quatre jours avant… ¡ Quelle chance !

 

Mercredi 4 Mars

¡À Zongo ! À 7 heures du matin. Zongo est un quartier, scission de celui de Rimkieta, simplement séparés par l’unique voie ferrée qu’il y a au Burkina et qui joint la capitale Ouagadougou avec la mer à Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, à environ 800 km. Zongo est encore au début de son aménagement spatial et se trouve comme Rimkieta il ya dix ans. Avec environ 15.000 habitants selon son Naaba, « profite » de quatre puits que la FAR a récupérés il y a quelques années avec l’aide de l’Entreprise Patron d’Honneur « Jeanología », qui maintient son soutien à la FAR avec dévouement. À la suite d’un de ces puits nous avons obtenu un contrat avec le Naaba dans lequel il cédait à la FAR environ 1500 m2 pour faire un verger dans lequel puissent travailler quelques femmes du quartier. Le verger, qu’a financié la Fondation NETRI, à ce jour emploi à mi-temps (ici un trésor) 23 femmes qui ont obtenu des rendements qui le font pratiquement soutenable.

Ce dernier trimestre (décembre-février) ces femmes ont obtenu un rendement de plus de 600€ qu’elles se sont réparties, ce qui fait une moyenne de presque 10€ par mois pour une demie journée de travail, un trésor pour qui n’avait jamais rien touché, et un stimulus pour qui n’avait jamais reçu la moindre reconnaissance. Ces femmes sont heureuses.

Et elles nous ont demandé de mécaniser une partie du procesus d’extraction et de transport de l’eau. Nous y travaillons. Je m’émus en pensant qu’il y a trois ans ont nous indicait que tout devait être manuel, aujourd’hui nous sommes en train d’etudier la viabilité d’un certain pas vers la mécanisation, à leur demande ! Là-bas c’est tout comme ça, lent, graduel, progressif et qui n’est pas patient, devrait partir. Nous, nous y irons.

Le Zongó Naaba est venu nous saluer au verger avant que nous l’ayons visité. Ici, tout un honneur. Nous nous sommes salués et d’entrée il m’a dit que “les papayers avaient besoin de plus d’eau…”. Nou avons planté il y a huit mois 50 papayers, dont pour le moment ne progressent que la moitié… et il y en a déjà avec des fruits. Mais d’autres sont plus lents, certain son mâles et n’en donnent pas, et d’autres sont tombés avec une rafale de vent. Après avoir harangué nos chères maraichères, traduits au et du moré par Valerie, notre “chef” du verger, et avoir presque dansé avec elles, nous sommes passés au « palais » du Naaba, accompagnés par la troupe qui chantait. Notre responsable m’a dit exprèssament que les femmes étaient heureuses et apprennent de cette agricultura basique.Tant de remerciement fut remarquable. Et nous sommes partis avec un bien meilleur arrière goût que lors de toutes nos précédentes visites au Zongo, que l’on doit en grande mesure au progrès du verger grâce au travail soutenu de Cristina, une semaine après l’autre, sur Valerie les successifs formateurs, les femmes et “ce qui se passe”, parce que là-bas, il se passe toujours quelque chose, quoi que ce soit…

À quatre heures de l’après-midi, à 35 degrés de rien du tout, nous sommes allés avec le LarléeNaaba, chez lui où, fortuitement je suppose, il conversait avec le supposé prochain Président du pays M.Roc, un géant, fils de banquier et lui-même ex-banquier, formé en Europe, que nous avons salué et à qui il me presenta comme le Professeur « Velázquez », ce qui dans notre groupe me martela jusqu’à mon retour à Barcelone ¡ Qu’ils sont agassants ! Nous y sommes allés en trois voitures, moi dans sa camionette, derrière, raisonnablement froissé, mon genou dans une position plutôt mauvaise…Là-bas nous avons vu un demi-hectare de moringa, en tant qu’échantillon, et avons reçu tout type d’explications sur leurs bénéfices. Nous avons également vu l’installation de distillation de différents produits et l’installation de biodiésel qu’a financié le gouvernement de Taïwan. Et des poulets, preuve de son invention de comment avec quatre poules et deux coqs on pouvait faire sortir une famille de la pauvreté, ce qui selon ce qui m’a semblé comprendre l’état a déjà fait avec 130.000 familes. Après nous avoir offert de magnifiques vêtements traditionnels et des nappes pour les femmes, ce qu’il a pour coutume d’offrir à ses visites, nous nous sommes dit au revoir et sommes partis à toute allure parce que Fernando et Javi prenaient ce soir leur vol de retour. Hôtel, petite conversation, au revoir des voyageurs et dîner.

 

Jeudi 5 Mars

Dernier jour ! Dédication absolue à l’équipe humaine. D’abord Rihanata, Directrice de la Maternelle, et son adjoint Mme. Hemaque depuis un an et demi seulement à la maison mais dont le résultat est très prometteur. Comme d’habitude nous tachons de remercier son labeur et d’élever la ligne de mire. En particulier au sujet du labeur phénoménal de Mme. Hema avec les Filles non scolarisées, projet subventionné par la Fondation Femmes pour l’Afrique, qui nous invités après, et une fois de plus, elles nous ont émus : Quelle joie, quels sourires…! Ces filles ont quelque chose de spécial qu’elles sont seules à avoir.

Ensuite nous avons remercié l’équipe sortante de délégués du personnel pour avoir eu le courage d’accepter le défi pour première fois à la FAR et les avons encouragés à offrir un support ferme aux nouveaux représentants, dans ce labeur qu’ils ont déjà exercé. La reunión avec les quatre délegués s’est centrée sur le remerciement à leur générosité et courage (là-bas, cette resposabilité n’est pas du goût de tout le monde…) et leur expliquer leur double rôle de transmisseurs d’information en haut et en bas ainsi que de détecteurs des inquiétudes ou besoins qui doivent arriver jusqu’à la Direction de la maison. Je leur ai demandé loyauté et transparence. Et je leur ai proposé trois “souhaits” à améliorer: La perfection dans tout ce qui se fait, petit ou grand, l’attention des détails, pour que la FAR continue à être un référent et un exemple du nouveau Burkina que nous tous voulons; la formation permanente de tous les emloyés, pour mieux servir aux autres; et la solidarité authentique, c’est à dire donner à qui en a besoin sans rien attendre en échange, ce qui est un concept différent de celui qu’on a là-bas. Je leur ai expliqué que la “caisse solidaire” des employés de la FAR, un an après son inuaguration a ramassé un mois après l’autre une moyenne de 1,5€ sur des salaires mensuels de plus de 3.000€. Et je leur ai dit que nos Parrains européens, principalement espagnols, qui vivent une grande crise, apportent chacuns entre 20€ y 30€ par mois. Là-bas le salaire base est d’environ 45€ par mois mais tout le personnel touche entre deux et et cinq fois cette somme. Notre salaire base en revient à 20 fois plus… Mais chacun d’entre eux fait son apportation à la caisse solidaire (anonyme, pour que chacun d’entre eux décide…) environ 3 centimes d’euro et chaque parrain disons 20€, soit 700 fois plus… Étant comme ils le sont des privilégiés qui travaillent, et à la FAR!, salaire, sécurité sociale, formation… ils doivent comprendre que la question que j’écoute fréquemment soit raisonnable : “¿Et toi peut-on savoir ce que tu as perdu au Burkina ou comment ça s’appelle (beaucoup de personnes n’ont aucune idée de ce que c’est ou bien d’où se trouve ce pays …) avec la situation qu’on a ici…?” Jacques s’émut. Et les quatre ont manifesté leur disposition d’aider dans leur mesure.

Et pour finir, même discours de tout le personnel, qui a écouté avec respect et imperturbable. Remerciements finaux. Aplaudissements et au revoir pratiquement un par un…

Pour terminer, repas à l’hôtel, compilation de toute la semaine avec l’équipe, achats de de karité et je ne sais quoi d’autre pour nos familles et amis; amusant comme toujours les embrouilles de comptes ; un peu de repos; ma réunion finale et profond remerciement incessant avec Cristina qui a peu dormi, très peu; une glace et aéroport de la main de mon beau-fils Patrick et de son amie et collègue Valea, dont les présences lors des démarches aéroportuaires doivent être le plus semblable au labeur des anges gardiens…

Dieu merci, Fer et Javi étaient bien arrivés à Barcelone ce matin. Nous tout parfait, Chus à Madrid, Valery à Basilea vía Ámsterdam (très comode…) et Eva, Carme et moi à Barcelone.